Les fantasmes les plus courants : sommes-nous vraiment si différents ?
Nous avons parfois l’impression que nos fantasmes sont uniques.
Une envie nous traverse l’esprit et immédiatement une question apparaît :
« Est-ce que d’autres personnes pensent vraiment à ça ? »
La réponse est très souvent oui.
Les recherches consacrées aux fantasmes sexuels montrent une extraordinaire diversité de scénarios, mais également beaucoup plus de points communs entre les individus que nous pourrions l’imaginer.
Alors, quels sont les fantasmes les plus courants ? Et surtout, pourquoi avons-nous parfois l’impression d’être seuls à avoir certaines envies ?
Les fantasmes sont beaucoup plus répandus qu’on ne le pense
Le fantasme fait partie de l’imaginaire humain.
Il ne constitue pas nécessairement un projet et encore moins une obligation de passer à l’acte.
Nous pouvons fantasmer sur une situation parce qu’elle nous intrigue, nous excite ou simplement parce que notre imagination apprécie explorer quelque chose de différent.
Une importante étude publiée dans The Journal of Sexual Medicine a interrogé plus de 1 500 adultes sur 55 fantasmes différents.
Le résultat est particulièrement intéressant : très peu des fantasmes étudiés étaient réellement rares.
Beaucoup d’envies que certaines personnes pourraient considérer comme inhabituelles étaient en réalité présentes chez une part importante des participants.
Autrement dit :
nous sommes probablement moins différents que nous le pensons.
1. Faire l’amour dans un lieu inhabituel
Changer de décor fait partie des thèmes que l’on retrouve régulièrement dans l’imaginaire intime.
Le fantasme ne repose d’ailleurs pas forcément sur le lieu lui-même.
Ce qui attire peut être :
- la nouveauté ;
- l’impression de sortir de la routine ;
- l’adrénaline ;
- la spontanéité ;
- le sentiment de transgression.
Une plage déserte, une chambre d’hôtel, un endroit inattendu…
L’imagination permet de changer complètement de contexte.
Dans la réalité, évidemment, toute expérience doit respecter la loi, la sécurité et le consentement des personnes concernées — y compris le fait de ne pas imposer une situation intime à des tiers.
2. Les jeux de rôle
Changer temporairement de personnage peut permettre d’explorer une autre facette de soi-même.
Les jeux de rôle peuvent prendre des formes extrêmement variées.
Pour certains, l’intérêt vient des costumes.
Pour d’autres, de l’histoire imaginée.
Et pour d’autres encore, simplement du fait de casser les habitudes.
Le jeu crée une distance entre la vie quotidienne et l’imaginaire.
On peut devenir quelqu’un d’autre pendant quelques instants… puis revenir à soi.
3. Dominer ou lâcher prise
Les thèmes liés à la domination et à la soumission apparaissent régulièrement dans les recherches sur les fantasmes.
Cela ne signifie évidemment pas que les personnes qui les imaginent souhaitent être dominantes ou soumises dans leur vie quotidienne.
Le fantasme peut justement permettre d’explorer temporairement une dynamique très différente de notre personnalité habituelle.
Certaines personnes sont attirées par le contrôle.
D’autres par le fait de pouvoir lâcher prise.
Et certaines peuvent apprécier les deux selon le contexte.
Ce type de fantasme rappelle également une distinction essentielle :
fantasmer sur une dynamique de pouvoir ne signifie jamais souhaiter une situation sans consentement.
Dans une expérience réelle, les limites et l’accord des personnes concernées restent indispensables.
4. Être observé ou regarder
Le fait de regarder ou d’être regardé peut également faire partie de l’imaginaire.
Pour certaines personnes, l’excitation vient du sentiment d’être désiré.
Pour d’autres, de la curiosité ou de l’impression d’assister à quelque chose d’intime.
Il existe cependant une frontière fondamentale entre fantasme et réalité :
le consentement.
Observer une personne sans son accord ou imposer son intimité à quelqu’un qui n’y a pas consenti n’est pas une réalisation acceptable d’un fantasme.
Lorsqu’une envie implique d’autres personnes, celles-ci doivent toujours participer volontairement.
5. Inviter une troisième personne
Le fantasme d’une expérience à trois est probablement l’un des exemples les plus connus de désir que beaucoup pensent exceptionnel alors qu’il apparaît régulièrement dans les recherches sur l’imaginaire sexuel.
L’intérêt peut venir de plusieurs éléments :
la nouveauté,
le fait d’être désiré par plusieurs personnes,
la curiosité,
ou simplement la richesse du scénario imaginé.
Mais là encore, aimer l’idée ne signifie pas forcément vouloir la réaliser.
Une expérience impliquant plusieurs personnes ajoute également davantage d’émotions, de limites et de relations à prendre en compte.
Un fantasme simple dans l’imagination peut donc devenir beaucoup plus complexe dans la réalité.
6. Regarder son partenaire avec quelqu’un d’autre
Certains fantasmes explorent également le fait de voir ou d’imaginer son partenaire avec une autre personne.
Cela peut sembler paradoxal lorsque l’on associe immédiatement cette situation à la jalousie.
Mais l’imaginaire n’obéit pas nécessairement aux mêmes règles que la vie quotidienne.
Chez certaines personnes, le fantasme peut être lié au fait de voir son partenaire désiré.
Chez d’autres, à la transgression d’une règle habituelle du couple.
Et chez d’autres encore, simplement à la nouveauté.
Imaginer cette situation ne signifie évidemment pas que l’on souhaiterait réellement la vivre.
7. Les scénarios romantiques et la séduction
Lorsque nous parlons de fantasmes, nous imaginons souvent immédiatement des scénarios particulièrement audacieux.
Pourtant, l’imaginaire peut également être beaucoup plus romantique.
Être intensément désiré.
Rencontrer quelqu’un dans des circonstances particulières.
Vivre une nuit passionnée dans un endroit magnifique.
Être séduit d’une manière inhabituelle.
Retrouver une personne après une longue séparation.
Le fantasme n’est donc pas uniquement une question de pratiques.
Il peut aussi concerner l’ambiance, les émotions et la manière dont nous souhaitons être désirés.
8. Explorer quelque chose de nouveau
Parfois, le fantasme n’est pas très précis.
C’est simplement l’idée de faire quelque chose que l’on n’a jamais fait.
La nouveauté possède une place importante dans l’imaginaire.
Notre quotidien est constitué d’habitudes.
Le fantasme, lui, ne possède presque aucune contrainte.
Il permet de se demander :
« Et si… ? »
sans avoir besoin d’aller plus loin.
Cette curiosité peut suffire à rendre le scénario excitant.
Hommes et femmes ont-ils vraiment des fantasmes complètement différents ?
Les recherches observent certaines différences moyennes entre groupes.
Mais elles montrent également énormément de recoupements.
Des thèmes parfois associés culturellement à un sexe ne lui sont absolument pas réservés.
Par exemple, les fantasmes de domination et de soumission ont été retrouvés chez les hommes comme chez les femmes.
Plus généralement, les recherches contemporaines insistent sur la diversité individuelle.
Il existe des différences moyennes.
Mais connaître le sexe d’une personne ne permet pas de deviner précisément ses fantasmes.
Chaque individu possède son propre imaginaire.
Existe-t-il vraiment des fantasmes « bizarres » ?
Le mot est problématique.
Une étude scientifique consacrée précisément à cette question a montré que très peu des fantasmes étudiés pouvaient être considérés comme statistiquement rares.
Cela ne signifie évidemment pas que tous les fantasmes sont équivalents lorsqu’il s’agit de les réaliser.
La réalité possède des règles que l’imagination n’a pas.
Une expérience réelle doit respecter :
le consentement, la sécurité, les limites de chacun et la loi.
Mais concernant l’imagination elle-même, la fréquence d’un fantasme n’est pas nécessairement un bon moyen de déterminer s’il est acceptable ou non.
Pourquoi pensons-nous parfois être les seuls ?
Parce que nous comparons quelque chose de privé chez nous à quelque chose de visible chez les autres.
Nous connaissons nos propres pensées.
Nous ne connaissons généralement pas celles de nos voisins, collègues ou amis.
Imaginez dix personnes assises autour d’une table.
Chacune peut avoir des fantasmes dont elle n’a jamais parlé aux neuf autres.
Et chacune peut penser :
« Je dois être le seul à imaginer ça. »
C’est l’un des paradoxes de notre intimité.
Nos fantasmes peuvent être extrêmement personnels tout en étant parfois partagés par énormément d’autres personnes.
Fantasme fréquent ne signifie pas fantasme obligatoire
Découvrir qu’une envie est répandue ne signifie pas que tout le monde devrait l’avoir.
Vous pouvez n’être attiré par aucun des fantasmes cités dans cet article.
Cela ne pose aucun problème.
Il n’existe pas de liste des expériences qu’une personne devrait souhaiter.
La normalité ne se mesure pas au nombre de personnes qui partagent vos envies.
Certaines personnes possèdent un imaginaire très développé.
D’autres fantasment moins.
Certaines aiment la nouveauté.
D’autres préfèrent des scénarios familiers.
Il n’y a pas de compétition.
Et surtout : fantasmer ne signifie pas vouloir réaliser
C’est probablement le point le plus important.
Une personne peut fantasmer régulièrement sur une situation et ne jamais souhaiter qu’elle se produise réellement.
Dans l’imagination, nous contrôlons le scénario.
Nous pouvons supprimer les conséquences.
Modifier les personnes.
Arrêter instantanément.
Changer complètement l’histoire.
La réalité fonctionne autrement.
C’est pourquoi il faut toujours distinguer :
ce que j’aime imaginer
de :
ce que j’aimerais réellement vivre.
Sommes-nous finalement si différents ?
Oui… et non.
Nos histoires personnelles, nos expériences et notre personnalité rendent notre imaginaire unique.
Mais les grands thèmes qui traversent nos fantasmes se ressemblent souvent beaucoup.
Le désir d’être désiré.
La nouveauté.
La curiosité.
Le contrôle.
Le lâcher-prise.
La transgression.
La complicité.
L’intimité.
Derrière des scénarios apparemment très différents se cachent parfois des motivations étonnamment similaires.
Et c’est peut-être ce qui rend la question des fantasmes aussi intéressante.
FantasMeet : et si quelqu’un partageait justement votre fantasme ?
Nous gardons souvent certaines envies secrètes parce que nous pensons qu’elles sont trop particulières.
Pourtant, quelque part, une autre personne peut avoir exactement la même pensée.
C’est l’idée qui se trouve au cœur de FantasMeet.
Permettre à des adultes de découvrir des personnes qui partagent certaines de leurs envies, tout en laissant chacun décider de ce qu’il souhaite révéler, discuter ou éventuellement vivre.
Un fantasme commun ne signifie jamais automatiquement :
« Faisons-le. »
Il peut simplement commencer par :
« Toi aussi ? »
Et parfois, deux mots suffisent pour commencer une rencontre.
FantasMeet — nous sommes peut-être beaucoup moins différents que nous l’imaginons.
- Source Étude scientifique — PubMed
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